La femme camerounaise face à l'infécondité

Publié le par Rufine D Roselinde

 

LA FEMME CAMEROUNAISE FACE A

L’INFECONDITE

 

            Introduction

 

L’infécondité peut se définir comme l’incapacité pour un être de procréer sans distinction de sexe. Mais dans certaines sociétés, il est plus courant de rencontrer des débats sur l’infécondité centrés essentiellement sur le genre féminin, comme pour dire que la femme est la principale responsable de l’infécondité. La société camerounaise fait parti de celle-là où il n’est pas de l’acceptation commune et populaire que l’homme puisse être considéré comme responsable de l’infécondité au sein du couple. Ainsi Il est courant d’entendre plus souvent « ça fait 10 ans qu’elle est mariée mais n’arrive pas à lui faire d’enfant ». Ces perceptions sociales et traditionnelles de la fécondité sont réconfortées par les informations scientifiquement non fondées et une prise en charge médicale parfois incapable de situer la responsabilité à l’intérieur du couple qui laisseraient croire à une conspiration antiféministe. Pourquoi condamne t-on à tord les femmes ? Et quand bien même ce serait à raison, pourquoi le rejet ? Quelles solutions peut-on proposer pour que la nature ne soit plus un frein à l’épanouissement de la femme.

 

            LES RAISONS DE LA CONDAMNATION A TORD

 

LES RAISONS MEDICALES

 

Un rapport des Ministère de la Santé Publique et de celui des affaires sociales et de la Condition Féminine du Cameroun, montre que ce problème social touche près de 1% des femmes et environ 7% des ménages au Cameroun. Dans plusieurs foyers camerounais on s’accorderait à condamner la femme dans le cas où le couple n’arrive pas à voir une progéniture. Le rôle limité du corps médical à détecter l’infertilité féminine et moins chez l’homme est un problème majeur. Lorsqu’un couple se présente dans une formation sanitaire pour une consultation gynécologique à cause des problèmes de conception, le médecin retient d’abord et toujours la femme on constate une discrimination même au niveau de la prescription d’examen. Des hôpitaux de référence aux centres de santé, on peut faire un PCV (prélèvement cervico- vaginal), un BW, un Frottis cervical, une histero-salpingographie, une échographie, la chimio analyse du PH vaginal et des dosages hormonaux. Mais alors pour faire une spermo-culture, un spermogramme ou encore un PU (prélèvement urétral) il faut aller dans des centres spécialisés qui sont rares et coûteux. Face à ce problème de coût et de disponibilité des centres, le patient préfère renvoyer son bilan à plus tard et jeter l’anathème sur la conjointe. Ainsi il ne sera pas rare qu’on trouve un couple divorcé dont la femme est la seule à pourvoir faire des enfants dans son nouveau foyer.

 

RAISONS ANTHROPOLOGIQUES ET SOCIOLOGIQUES

 

            Au Cameroun, on est fortement attaché à la nature et aux croyances ancestrales. Même l’homme « scientifique » n’échappe pas à cette logique, au point où tout s’explique de façon métaphysique. Dans la conception camerounaise, c’est la femme qui porte le foetus en son sein, par conséquent elle est la seule responsable des cas d’infertilité. La représentation de cette logique est pour la société traditionnelle est que dans un couple infécond, la femme a en elle une composante magico mystique qui ne lui permet pas d’avoir des enfants. Lorsque celle-ci a réussi sa vie sociale, on la traitera de « commerçante » qui a « vendu ses enfants pour avoir les biens matériels ». Dans le cas où celle-ci n’a pas atteint une grande ascension sociale, on dira d’elle qu’elle est issue d’une famille de sorciers où on lui aurait « bloqué ou attaché le ventre » pour l’empêcher d’enfanter, ou alors son mari lui mis un Totem dans le ventre, ou même encore elle n’a pas fait ses rites traditionnelles. Les cas étudiés sont pleins d’exemples de ce genre. Et la médecine traditionnelle ne fait que confirmer ces thèses avec les multiples diagnostics qu’elle fait du couple infécond. Dans tous les cas le traitant ne donne pas de thérapie sans avoir au préalable accuser un membre de la famille…Pour la société moderne, un couple ne fait pas d’enfant parce que la femme a passé une vie de débauche et l’infertilité est la conséquence des multiples infections contactées, et d’avortements multiples provoqués au cours de son existence. Parce que les maladies sexuellement transmissibles sont plus virulentes et de longues durées chez les femmes, ça c’est ce qu’on enseigne dans les lycées et collèges. En somme que ce soit pour la société scientifique, moderne ou traditionnelle, on constate une mauvaise conception de l’infécondité, qui peut être naturelle, ou alors même que ça ne vienne pas toujours de la femme. Lorsqu’il s’avère en fin de compte que ce soit madame la malade, considérée comme une mauvaise femme, elle est victime de toute sorte de discrimination.

 

LES TYPES DE REJET

 

La femme camerounaise inféconde subit des rejets de toute nature au sein de sa famille, au service, dans son foyer et au sein de tous les modes de régulation sociale dans lequel l’Homme se socialise.

 

LA SOCIETE TRADITIONNELLE

 

Les traditions des sociétés camerounaises sont sans pitié pour les femmes infécondes. Lorsque l’infertile est encore en vie, elle ne peut assister au baptême traditionnel d’un enfant. Elle est mise à l’écart puisque considérée comme une mauvaise fée, elle peut maudire ce baptême. Dans les associations traditionnelles telles que les tontines, elle n’a pas droit à certains avantages car elle n’a jamais souffert des douleurs de l’enfantement. A son décès, on l’enterre avec une pierre dans la main, comme pour signifier qu’elle n’a pas droit à un enterrement digne, la pierre symbolise le poids de son mal. Dans plusieurs tribus du pays, les funérailles sont symboliques de l’importance qu’avait le mort auprès de sa société, ainsi après l’enterrement chaque mort a droit aux neuvaines sauf la femme inféconde, puisqu’elle a perdu sa raison d’être, son importance. Son deuil s’arrête avant que le soleil n’atteigne le zénith c’est-à-dire qu’après l’inhumation personne n’a le droit de porter le deuil. Ce fait est alors une occasion de raillerie contre elle de son vivant.

 

DIVORCE – REPUDIATION – REJET FAMILIAL

 

La grande partie des discriminations faites aux femmes infécondes selon notre étude se trouve être dans le cadre familial qui pourtant devrait être le lieu de refuge de ces victimes de la nature. Dans la famille natale de la femme, le cadre et les avantages de famille si limitent aux mères d’enfant. Dans beaucoup de cas, la femme inféconde n’a pas droit à l’héritage qu’elle a parfois contribué à bâtir.

Dans son foyer, la souffrance de l’inféconde dans son âme est indescriptible. Lorsqu’elle n’est pas l’objet d’injures de toute part, c’est sur elle que pleuvent des bastonnades quasi quotidiennes, des menaces sur sa personne morale et physique parce que le conjoint est moins apte à supporter l’infécondité de sa femme. Marié pour le meilleur et pour le pire, le conjoint ne supporte jamais lorsque le pire est l’infécondité, il devient alors le premier artisan de la persécution de sa conjointe. Fatiguée de toutes les pressions sociales et conjugales, l’épouse n’a très souvent que deux alternatives : divorcer et résignation/ l’arrangement.

 

LE DIVORCE

 

La séparation des époux dans ce cas-ci n’est pas un divorce en bonne et due forme mais plutôt une répudiation de la femme. Pour les cas étudiés, devant les pressions, plusieurs préfèrent quitter le foyer sans rien demander puisque, animées par un sentiment de culpabilité. Même dans les conseils de famille on lui demandera toujours de quitter le foyer sans rien réclamer sur le patrimoine conjugal auquel elle a participé et auquel elle a droit, en compensation au mal qu’elle a causé à son conjoint. Raison pour la quelle on verra facilement des femmes divorcées sans prononciation légale du divorce à cause de leur infécondité

 

 

 

 

L’ARRANGEMENT (double dégâts)

 

C’est l’alternative qui semble être la plus raisonnable mais elle est la plus dangereuse. L’arrangement est le terme qu’on peut utiliser pour désigner le pseudo accord que la femme donne à son conjoint. Au terme de cet arrangement, la femme permet à l’homme de prendre une deuxième femme avec qui il fera des enfants. Ceci arrive le plus souvent lorsque les époux sont mariés sous le régime monogamique et que l’époux ne veut pas quitter sa femme parce qu’il « l’aime » ou alors par reconnaissance pour sa contribution à son ascension sociale. Les dégâts sont doubles dans la mesure où le code de la famille est violé. On se retrouve dans une situation où il fait des enfants avec une femme hors foyer, mais le régime matrimonial ne lui permet pas de la prendre comme épouse. Il y a donc l’application d’une « polygamie – monogamique » ou alors d’une « monogamie – polygamique » où la loi ne protège pas la deuxième femme mère accoucheuse, et la société n’accepte pas la première femme qui est légale. La loi ne reconnaît aucun droit à la femme accoucheuse dans ce cas, alors qu’elle a passé sa vie à faire des enfants à un homme dont elle n’héritera pas et parfois abandonnée à elle-même avec les enfants à sa charge et surtout dans une situation où elle ne peut plus refaire sa vie.

Finalement on se demande qui est légitime ou alors à qui reviendra l’héritage en cas de décès de l’époux. Puisqu’au Cameroun la femme n’hérite de son époux que par l’entre gens des enfants qu’elle a eu avec celui-ci. Qui héritera à la fin, celle qui a des enfants légitimes et n’est pas mariée ? Ou alors celle qui est légalement l’épouse mais n’a pas fait d’enfant ? La situation devient encore plus grave lorsque c’est l’homme qui est stérile et ne veut pas l’admettre, comme c’est très souvent le cas, il ira de femmes en femmes dans cette recherche entraînant de gros risques de MST / SIDA.

 

 

LES CONSEQUENCES

 

 

            La femme rejetée, n’a très souvent pas d’autre choix qu’à vouloir résoudre son problème et les solutions sont aussi souvent les plus mauvaises que les plus irréfléchies. C’est ainsi que celles qui croient à un mauvais sort vont passer la grande partie de leur temps chez des marabouts et autres sorciers charlatans prêts à leur dire ce qu’elles veulent bien entendre et escroquer des sous énormes. Parfois elles y laissent plus gros que l’argent car profitant de leur détresse, les marabouts leurs prescrivent un traitement hors norme. Ils profitent sexuellement de ces femmes et ceux-ci avec leur consentement. Les rapports non protégés chez les marabouts non seulement augmentent les risques de MST/SIDA, mais aussi humilient la femme, car ceci se fait souvent avec le consentement de l’époux. Celles qui sont convaincues de leur stérilité vont voir le marabout pour que celui-ci par des procédés mystiques retienne leur mari pour l’empêcher de divorcer.

            Ce comportement s’explique à ce fait que la crise du mariage qui sévit au Cameroun est en la défaveur de la femme car le ratio homme - femme prouve que, pour que tout le monde soit marié chaque homme devrait avoir 2,7 femmes. La crise économique aidant, les femmes sont victimes du chantage du mariage au point où lorsqu’une réussi à se marier, elle se doit de conserver à tout prix et à tous les prix son époux. Lorsqu’elle se retrouve alors sans l’argument «procréatrice » elle se réfugie chez les marabouts avec tout ce que ça comporte comme problème. D’autres par contre vont voir chez les prêtres comment elles peuvent attirer les faveurs de Dieu et là aussi les femmes que nous avons suivi nous avouent que ça n’a pas toujours été facile. Car il y a aussi des prêtres qui se servent des âmes en détresse. Et au bout du compte le problème revient intact.

            Le rejet ailleurs, fait adopter à certaines femmes des stratégies de défense par l’attaque. Les conséquences sont légions. Pour certaines l’agressivité face aux enfants des autres devient une arme contre le rejet auquel elles font face. Pour d’autres, le repli suicidaire sur soi est la seule solution. Elles deviennent très associables et ne font pas d’effort car elles manquent de motivations au travail. Paria de la société elles n’ont rien à prouver à personne et ceci affecte leur rendement professionnel. Egocentrisme et égoïsme deviennent les seules « qualités » qu’elles peuvent produire, au fur et à mesure que le temps passe c’est l’auto destruction psychologique qui est amorcée. Dépression et déprime les poussent à se réfugier dans une vie de débauche associant l’alcool et le tabac, c’est la descente au enfer. Le pire arrive souvent lorsqu’il n’y a personne pour les aider à remonter la pente.

           

LES SOLUTIONS

 

L’ETAT ET LA SCIENCE

 

Pour apporter des solutions à ce problème qui parait inexistant et dont l’impact est insoupçonné, tout le monde doit apporter sa contribution. L’Etat, premier garant du bien être de ses populations, est celui dont la volonté politique devrait conduire à l’amélioration des services de santé. Par amélioration on entend : la mise sur pied d’organe capable de faire un suivi des femmes à risque d’infécondité ; la multiplication, la spécialisation et la qualification des centres d’examens pour hommes et femmes afin de permettre aux couples et aux jeunes de faire des tests à moindre coup et détecter à temps les expositions aux maladies stérilisantes ; la facilitation de l’accès aux soins chirurgicaux qui permettraient aux femmes désireuses de se faire des inséminations. Jusqu’aujourd’hui dans les centres de santé au Cameroun, l’opération in vitro la moins chère coûte 1 300 000 Frs CFA ce qui n’est pas du tout accessible pour le camerounais moyen qui a un revenu de 60 000 frs le mois. Les fécondations artificielles sont encore ici l’apanage des personnes très aisées.

L’ETAT ET LA LOI

 

                Une fois de plus l’Etat doit intervenir pour légiférer dans la protection des femmes répudiées à cause de leur infécondité. Ou alors légiférer dans le sens de prévenir toute discrimination due à leur Etat et surtout sanctionner très fortement les abus des charlatans. Par ailleurs l’Etat devrait aussi se manifester dans la protection des femmes victimes de l’arrangement en revoyant le code de l’héritage féminin.

 

ETAT ET ASSISTANCE SOCIALE

 

            Une fois de plus l’Etat devrait mettre en place un cadre social d’accueil de ce genre de femme et surtout le service social étatique doit faciliter l’adoption d’enfant par les mères désireuses. La facilitation ici renvoie à une rapidité dans les procédures et aussi une qualité de suivi des services. Cette facilitation permettrait de résoudre deux problèmes à la fois car pendant qu’une femme cherche à avoir un bébé il y a des mères qui ne sont pas en mesure de garder les leurs et préfèrent en faire don à la poubelle, les abandonnent dans les hôpitaux, les taxi…Ainsi les enfants du service social (enfant de folles, orphelins du SIDA) peuvent trouver des familles d’accueil au lieu d’être placés dans les centres d’accueil.

 

LA SOCIETE

 

            La société doit être plus indulgente vis-à-vis des femmes dont la stérilité rend vulnérable. L’entourage doit lui apporter soutien et conseils pour éviter qu’un problème qui au départ était personnel devienne un problème social. La famille et les amis doivent réaliser un encadrement psychologique pour la réhabilitation de ces parias qui ne demandent qu’à être aimées malgré leur handicap. Le plus gros du travail revient à l’entourage qui doit aussi l’aider à remonter la pente sans avoir à faire le tour des marabouts et autres escrocs qui ne feraient qu’enfoncer le clou. Amour, Assistance et Acceptation sont les trois « A » clé de ce cri du cœur.

 

 

 

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C
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C
solution à tous vos problèmes<br /> Je veux juste partager ma joie avec vous car j'ai trouvé enfin un MARABOUT honnête. Finir avec les problèmes dans vos familles et vivez maintenant en paix et en joie. Mon mari m'a quitté pour une autre et un autre problème que je ne pourrais dire publiquement , nombreux sont ceux que j’ai contacté qui malheureusement ne m’ont pas satisfait. Toujours dans ma recherche, j'ai retrouvé le sourire et grâce à un GRAND MAÎTRE MARABOUT très efficace et honnete . Je vous conseille tous , vous qui aviez des différents problèmes de ne plus vous tromper de personne car le vrai marabout est là. Je publie ce message parce que ce GRAND MAÎTRE MARABOUT m’a fait du bien que je ne pourrais jamais oublier. Alors je vous conseille sans arrière penser de le contacter vous qui aviez des problèmes sentimentaux ou sociaux . Son e-mail : abibmarabout@gmail.com
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